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Dans la fantaisie d'un silence mouvementé

C'est au cœur d'une forêt impénétrable que nous avons rencontré le travail d'Eglé Babilaité… Une qualité d'environnement nécessaire à la vitalité de sa création, qu'elle se trouve au bord de la Baltique ou aux portes de la Provence.
Échappant, sans la renier, à la rigoureuse formation académique acquise dans sa Lituanie natale, Eglé devient rapidement une artiste mobile et voyageuse. Son parcours amorcé à Vilnius passe par Kaliningrad, Reykjavik, Sachnas, Nida, Bruxelles, Strasbourg, Carros, Monaco, New York, Ahrenshoop, Hong Kong, Milan… Une forme de cosmopolitisme revendiqué rejoignant la pluralité des références, directes ou indirectes, qui peuplent ses œuvres. La Création d'Adam de Michel-Ange, une Vierge à l’Enfant de Robert Campin ou le plan d'une église orthodoxe peuvent en effet s'inviter dans une réalisation volontiers monumentale, au fort accent autobiographique.

Si le regardeur se plaît à dénicher ici ou là quelques échos Pop, matiéristes ou psychédéliques, les formes et les couleurs se chargent de rappeler l'inspiration, assumée, de la peinture des Primitifs flamands. Cette ouverture dans l'espace et dans le temps rejoint le vaste catalogue des gestes mis en œuvre : dessiner, modeler, mouler, coller, froisser, répéter, peindre et dessiner encore, jusqu'à l'ivresse… Eglé privilégie les formats amples, le plus souvent sur le classique support d'une toile enchâssée accueillant, au-delà de la peinture, les matériaux les plus divers. Enrichissant une palette colorée vive et riche, la feuille d'or participe à l'ornementation ou à l'architecture de ses compositions figuratives.
Caractéristique spectaculaire du travail de l'artiste, le relief semble accentuer (en le teintant de notes "sur" ou "hyper") le réalisme sans rivages des représentations, multipliant les contrastes et les effets de matières.

Fenêtres ouvertes sur un imaginaire fantasmagorique, ses tableaux traduisent un "silence plein de mouvement et d'anxiété", comme le souligne justement sa sœur jumelle Iéva Babilaité, elle-même artiste plasticienne auteur d'une œuvre aussi opposée que complémentaire à la sienne, stupéfiante d'intimité et de profondeur, minimaliste et fondée sur la mémoire.
Sans prétendre à aucune douceur, Eglé traque l'étonnement au détour de la routine quotidienne, jusqu'à atteindre le point qui touche, qui comble et qui dérange dans sa capacité à transformer la réalité du moment à venir. Liée au monde de l'enfance, nourrie de fantaisie onirique, cette création singulière se situe en marge des grands courants balisés de la scène contemporaine et contourne à sa manière les carcans formés par les écoles, les styles et les frontières.

Fidèle au mutisme rassurant des poissons gardiens de secrets comme au regard acéré des oiseaux, innombrables, qu'elle met en scène, Eglé transfigure les corps et exalte, à partir d'un substrat où la vie et la mort se font complices, la signification du geste humain. Ainsi cherche-t-elle à transmettre, depuis ses ateliers en osmose avec la nature, un message de lutte contre l’agressivité et la violence, selon des voies qu'il appartiendra à chacun de s'approprier.


Frédérik Brandi
Directeur du Centre international d'art contemporain de Carros - France
CIAC - Château de Carros


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